Basculer dans le monde Freelance

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Que cela soit par choix personnel ou l’issue d’une reconversion professionnelle forcée en réponse à un plan social, de plus en plus de personnes s’intéressent à l’opportunité de se mettre en freelance.
Certains se jettent sans préparation et voient cette piste comme une opportunité de vivre un quotidien avec une totale liberté de choix et d’envies.
D’autres hésitent et ruminent leur projet sans jamais le transformer, freinés par la peur de ce nouveau monde et son manque de repères.
Le piste de décollage peut être néanmoins balisée pour les uns comme pour les autres.

Freelance, indépendant   

Au XVIIIème siècle, les free lance étaient des soldats mercenaires qui louaient leurs compétences d’usage de la lance.
Au fil des années, est restée la notion de mercenaire, pour aujourd’hui, affecter une appellation de freelance toute personne qui vend ses compétences sur la durée d’une mission définie.
A noter que durant les décennies écoulées, peut être par soucis de francisation, le terme indépendant a souvent été utilisé. Aujourd’hui, freelance a repris le pas surement dans la mouvance de l’anglicisation du vocabulaire de la langue française.   

Selon le rapport de l’étude menée par le syndicat américain Feelancers Union en 2017, 36% de la population active aux USA travaille en statut de freelance et si la courbe de progression ne faiblit pas, en 2027, les freelances devraient représenter la majorité de la main-d’œuvre dans le pays.
En France, sur les 10 dernières années, la progression de ce statut a été de 145% pour atteindre 1 000 000 de membres en 2019, soit 17% de la population active.
Les perspectives indiquent le niveau de 30% atteint en 2025. 

Profils expérimentés mais pas que…

La progression importante du nombre de freelances est probablement liée à un contexte économique instable où certains voient une issue possible à une situation professionnelle devenue précaire alors que d’autres, générations Y et Z, sont plus marquées par la soif d’entreprendre.

Il est toutefois important de distinguer qu’avoir une expérience professionnelle de 30 ans ne garantit pas la capacité à devenir un bon consultant freelance.
Et inversement, n’avoir aucune expérience peut aussi poser quelques soucis dans le développement de son activité d’indépendant.

Le premier aura à développer ses capacités d’analyse et de conseil, d’adaptation aux contextes rencontrés, tous différents, plutôt que de chercher à dupliquer la recette appliquée durant de longues années dans le périmètre de son emploi salarié. 

Le second devra probablement accepter de travailler au sein d’équipes, et se soumettre à différentes règles et méthodes de travail imposées, passage obligé avant de pouvoir à son tour prétendre être autonome sur l’organisation des missions.

Désirs d’indépendance à tout prix

Pouvoir gérer son temps et être son propre patron sont les principaux critères de motivation  pour se lancer dans l’aventure du freelancing.
Peu importe donc si l’amplitude horaire de travail dépasse les 35 heures hebdomadaires et si la rémunération au final n’est pas toujours plus élevée que celle d’un poste salarié.
Quelle satisfaction de se sentir libre, autonome !


Mais au fond, suffit-il de se lancer en freelance pour toucher le nirvana ?
Si tel était le cas, cela se saurait bien évidemment !
La relation avec le client final n’est plus celle d’un salarié vis-à-vis d’un employeur mais d’un sous-traitant envers un client, avec toutes les attentes de résultats que cela peut sous-entendre.  
Le freelance travaille souvent seul et l’incertitude peut être pesante face aux décisions qu’il doit prendre, durant une mission ou dans ses choix de missions.
Enfin, la charge globale d’activité est importante.
Il faut très souvent simultanément assurer ses prestations auprès du client final et rechercher des réponses aux points, questions, problèmes non traités durant la journée.
Il faut gérer ses déplacements et hébergement et avancer les charges financières induites en attendant le règlement de sa facture de prestations dans 30 ou 45 jours.
Il faut anticiper les recherches de la mission suivante, qui peut être plus éloignée géographiquement encore que la précédente, où présenter un contexte plus difficile en termes de compétences demandées ou d’enjeux et de risques.
Il faut assurer ses montées en compétences en auto-formation ou financer soi-même les cours et certifications.
Mais il faut surtout accepter de n’avoir aucune garantie de rémunération sur les mois suivants.

En synthèse, il faut savoir sortir de sa zone de confort, en étant seul face aux décisions à prendre, pour pouvoir se rapprocher du nirvana sans jamais avoir de garantie de l’atteindre.

Les étapes pour se lancer

Face à autant d’incertitudes, certains, et ils sont nombreux, cherchent un associé avant de se lancer, probablement pour répartir la charge émotionnelle et les craintes liées au projet d’entreprendre.
Cependant, rechercher un associé devrait être réservé aux projets nécessitant un apport en capital significatif, car être associé veut surtout dire perdre dans sa capacité de décision et donc de son indépendance. Et les relations idylliques entre associés du début peuvent devenir pesantes et nuisibles au fil du temps.  

Ce point est plus important qu’il n’y paraît au premier abord et pourrait à lui seul justifier d’une publication.

 

Se lancer seul apporte une capacité supplémentaire de choix de son statut d’entreprise.


Ainsi, le statut d’auto-entrepreneur est parfaitement adapté à la mise en situation initiale.
Pas d’investissement en capital, une inscription en ligne et rapide pour obtenir un statut juridique d’entreprise individuelle, une statut qui permet l’établissement de factures de prestations jusqu’à 72 600 € annuel.
Etre auto-entrepreneur permet de se mettre en route dans une activité de freelance pour appréhender le modèle, chercher ses premiers contrats et dans certains cas, maintenir une activité salariée en complément pour sécuriser la démarche.

Ensuite, pour une immersion plus soutenue dans le monde freelance, il est possible de signer un contrat de travail auprès d’une société de portage. Être “porté” apporte un statut hybride d’entrepreneur indépendant et maintient la couverture sociale d’un salarié classique.
Les freelances, la plupart du temps, recherchent leurs missions, négocient eux même les tarifs de vente, organisent leurs déplacements, et délèguent à leur société de portage les charges administratives de facturation de leurs prestations, les démarches de recouvrement des retards de paiement, etc. La société de portage reverse un salaire moyennant le prélèvement d’un pourcentage sur le chiffre d’affaires généré pour couvrir leurs frais de gestion.
Etre en société de portage permet d’avancer dans le modèle de l’entrepreneuriat en gardant la couverture sociale du statut de salarié.

 

Enfin, au final, lorsque l’activité est lancée, les rythmes de facturation stabilisés, la transition vers un statut de gérance ou de direction générale peut être prise en compte.

Il faudra alors choisir le statut juridique de l’entreprise, faire un apport en capital (1€ suffit pour certains statuts…), choisir un cabinet d’expertise comptable, organiser les activités de prestations et de gestion et sauter dans le bain de patron d’entreprise à 100%.
Les couvertures sociales peuvent varier selon les statuts, la taxation sur les résultats également. Le choix d’un statut d’entreprise demande une bonne compréhension des aspects juridiques, fiscaux, sociaux. Se faire accompagner d’un professionnel dans ces étapes est fortement recommandé.
Etre en société est l’étape ultime de l’entreprenariat. Elle permet d’ouvrir de nouveaux horizons comme le recrutement d’une équipe et le développement de la notoriété de sa propre marque.

Trouver ses premiers clients

Mais au-delà de faire le bon choix de son statut juridique, le projet de devenir freelance dépend surtout de sa capacité à trouver ses clients. Car sans client, pas de chiffre d’affaires et donc pas de rémunération.
Il ne suffit pas d’être inscrit au registre du commerce et d’avoir une page web et/ou une page Linkedin pour développer son portefeuille de clients et développer son business.
Si tel était le cas, encore une fois, cela se saurait !

 

Là aussi, une démarche graduelle est recommandée.

Le métier de commercial chasseur d’opportunités n’est pas une option complémentaire à un métier mais une vraie compétence technique doublée d’un optimisme à toute épreuve.

Cela demande l’acquisition de fichiers de prospection, pourquoi pas d’une solution de CRM, mais surtout de temps, beaucoup de temps… 


Aussi, il est largement préférable de développer son réseau indirect pour intervenir en sous-traitance.
Ainsi, une fois référencé, vous n’aurez plus qu’à attendre que les acheteurs viennent vers vous pour recourir à vos compétences sur des dossiers détectés, suivis, négociés et signés par leurs équipes commerciales.
Attention toutefois à être respectueux de la chaîne commerciale dans vos relations avec le client final. Le client chez qui vous intervenez n’est pas le vôtre mais celui de la société qui vous a sous-traité l’affaire. Votre client est et reste cette société.
Les secteurs professionnels sont entourés de règles déontologiques et le commerce s’appuie sur une relation de confiance.
Ne prenez jamais le risque de perdre votre client pour lui prendre le sien. Tout finit toujours par se savoir et les mauvaises réputations sont difficiles à effacer.  

En respectant ces quelques règles de transparence et d’honnêteté, le volume de sollicitations ne fera qu’augmenter au fil du temps (sous-réserves de réaliser des prestations de qualité bien sûr…) et permettra un jour de pouvoir véritablement choisir ses missions parmi les multiples sollicitations qui viennent à vous régulièrement.

 

Une fois cette capacité de choix atteinte, se dégage enfin un sentiment de liberté, d’indépendance. Le nirvana n’est plus très loin…